ÉVOLUTION

Depuis la nuit des temps, les humains ont toujours cherché à comprendre les liens qui unissaient les différents organismes vivants, ainsi que leur origines. Une multitude d' d'organismes ont peuplé la terre. Certaines ont disparu, d'autres espèces nouvelles sont apparues. L'évolution, c'est-à-dire le changement dans la structure le comportement au fil des générations essaie de comprendre et d'expliquer les mécanismes qui régissent ces phénomènes. Les espèces actuelles ont-elles un ancêtre commun? Certaines similitudes entre espèces animales, végétales ou autres, seraient -elles possibles si leurs origines avaient été indépendantes? Quels liens y a t-il entre les espèces actuelles et les espèces disparues? Est-il possible que des espèces se soient modifiées à travers le temps? Pour pouvoir répondre à toutes ces questions, le biologiste fait appel à de nombreuses disciplines: la morphologie, l'embryologie, la biologie moléculaire, l'étude du comportement, la paléontologie, etc

Cependant avant d'aborder la théorie moderne sur l'évolution il serait intéressant de procéder à un bref survol historique, en gardant comme point de repère Charles Darwin un des grands théoriciens de l'évolution qui a posé des jalons pour une explication rationnelle sur le sujet.

I- AVANT DARWIN

On pensait que les espèces étaient immuables, qu'elles avaient été créées par un Dieu tout puissant, une fois pour toutes. Autrement dit, les espèces une fois créées, demeurent fixes de manière définitive, sans possibilité de se transformer. C'est la théorie du fixisme, ce que l'on a appelé la théologie naturelle. Le terme de créationnisme est aussi utilisé pour désigner la création spontanée et séparée d'espèces quelles soient, par la bonté divine, sans qu'il n'y ait de lien de parenté entre ces espèces.

Platon (427-347 avant J. C.), prônait plutôt l'idéalisme: il existait des formes parfaites dans un monde parfait, les variations de ces formes sont des représentations irréelles imparfaites des ces formes idéales.

Pour Aristote (384- 322 avant J. C., les espèces ont des degrés de complexité croissante qu'il est possible de classer. Mais elles sont fixes, permanentes et ne pouvaient pas évoluer.

Linné (1707 - 1778) le père de la classification et de la hiérarchisation des espèces qu'il a regroupés en catégories sans pour autant croire à l'évolution.

Cuvier (1769- 1832) en se basant sur des archives géologiques, les fossiles, prouva que la terre a connu une succession de flore et de faune tout au long de son histoire. En se basant sur des couches de roches qui se sont déposées durant plusieurs millions d'années, il établit des relations entre les différents organismes qui y étaient préservés. Il nota aussi que, plus les couches étaient profondes, plus les différences avec des organismes contemporains étaient grandes. Il pensa que l'histoire des organismes étaient faites d'une série d'extinctions massives suivies d'apparition d'espèces nouvelles qui viennent remplacer les disparues. C'est la théorie du catastrophisme. Mais Cuvier croyait comme ses contemporains en la fixité des espèces donc un fervent partisan du créationnisme.

Hutton (1795) émit l'idée que de petits changements graduels, lents, sur une base continuelle pourraient aboutir à des changements profonds. C'est la théorie du gradualisme.

Lyell (1791 - 1875) a développé la théorie de l'uniformitarisme. Pour lui, les processus géologiques s'équilibraient. La formation de montagnes contrebalance l'érosion des terres et à terme, rien ne change vraiment.

Les processus sont lents, étalés sur plusieurs millions d'années pour être perceptibles, ce qui implique que la terre était âgée de plus de 6000 ans comme on le croyait.

Darwin allait tirer de ces constats des conclusions majeurs pour étayer sa théorie de l'évolution. Mais nous n'en sommes pas encore rendus là.

Lamarck (1744- 1829): il publia sa théorie en 1809, année de naissance de Darwin. Il s'agit du transformisme que l'on appela aussi l'hérédité lamarckienne ou lamarckisme. Pour Lamarck, les espèces pouvaient se transformer sous certaines conditions. Elles peuvent acquérir des caractères au cours de leur vie et les transmettre à leurs descendantes.

À l'appui de sa théorie, il donne l'exemple désormais classique de la girafe. Selon Lamarck, les ancêtres des girafes avaient des cous beaucoup plus courts. A fur et à mesure qu'elles voulaient accéder à des branches de plus en plus hautes pour se nourrir, elles ont dû étirer leur cou. Leurs petits ont hérité de ces cous plus longs et les ont transmis à leur tour à leurs descendants, et ainsi de suite. Les girafes qui n'ont pas pu étirer leur cou suffisamment pour atteindre les branches, sont mortes de faim. Seules les individus à long cou on réussi à survivre et à transmettre ce caractère à leurs descendants.

À force d'utiliser un organe, il finit par se développer (principe de l'usage et du non usage) et on peut transmettre cette caractéristique à ses descendants.

Cette conception de la vie des organismes venait à l'encontre des idées en vigueur à l'époque, comme le fixisme. Lamarck venait de souligner que les espèces étaient capables de se transformer et que ces changements étaient héréditaires. Pour Lamarck, les espèces n'étaient pas immuables mais il maintenait toutefois qu'elles ont été créées séparément.

Ces idées créèrent beaucoup de controverses car elles allaient à l'encontre des théories de l'époque, sans toute fois expliquer l'évolution de manière satisfaisante.

Il fallut attendre Darwin et d'autres auteurs pour arriver à mettre en place les bases fondamentale de la théorie de l'évolution.

II- DARWIN (1822- 1884)

Son voyage à bord du navire le Beagle l'amena sur les côtes d'Amérique du sud, des îles Galápagos, de l'Australie etc. Il fut confronté à une faune et une flore riches et variées. Dans les îles Galápagos, il observa différentes sortes de pinsons adaptés à leurs habitats, avec des becs, des couleurs et même des comportements différents. S'agissait-il de variétés issues de la même espèces ou s'agissait-il d'espèces complètement différentes?

Il a été était établi qu'il s'agissait en fait d'espèces différentes. Si des membres d'une même espèce étaient isolées l'une de l'autre pendant plusieurs générations, dans certaines conditions, elles pourraient accumuler de petites modifications qui, à la longue, en feraient des espèces complètement différentes. Un contemporain de Darwin, Wallace en était d'ailleurs arrivé à la même conclusion.
La publication de l'Origine des espèces en 1859 allait être un point tournant pour la compréhension de l'évolution.

Darwin allait y présenter les concepts de base de la théorie de l'évolution. Selon cette théorie, les êtres vivants ne sont pas des créations séparées et immuables. Ils ont une ascendance commune à partir de laquelle il y a eu diversification. Le meilleur exemple serait un tronc qui se ramifie en branches, rameaux ramilles et feuilles. L'évolution Darwinienne est un buisson plutôt qu'une échelle.

Une accumulation de modifications et d'adaptations permet ainsi de rendre un organisme plus apte à vivre dans un milieu donné qu'un organisme qui ne possède pas ces caractéristiques. Autrement dit, seuls les plus aptes vont survivre. On parle alors de sélection naturelle.

À cause de la compétition pour l'existence, les formes les mieux adaptées ont tendance à survire et à laisser plus de descendants. Par conséquent leur fréquence au sein de la population augmente. On utilise les termes de fécondité et de mortalité différentielles qui sont les mécanismes clés de la sélection naturelle.

La survie du plus apte n'est pas un acte violent, un combat à mort où le plus puissant sera le gagnant. Pensons aux majestueux dinosaures qui ont été parmi les animaux les plus forts sur terre, mais ils ont disparu il y a près de 60 millions d'années.
La sélection naturelle repose sur l'interaction entre le milieu et la variabilité inhérentes aux organismes suite à des processus aléatoires comme des mutations ou des recombinaisons génétiques. C'est plutôt un processus lent qui se déroule au sein des populations au cours de générations et peut conduire à la création de nouvelles espèces (spéciation).

La plupart des contemporains de Darwin, même s'ils acceptaient le principe de la sélection naturelle, rejetaient cependant son explication par la sélection naturelle. Il manquait à Darwin une explication satisfaisante des mécanismes de l'hérédité. Grâce à la redécouverte des travaux de Mendel, une approche synthétique a pu être proposée et englober différents domaines de la biologie.

III- APRÈS DARWIN: THÉORIE SYNTHÉTIQUE DE L'ÉVOLUTION

De nombreux auteurs (Haldane, Fischer, Wright) ont intégré l'hérédité mendélienne à la sélection naturelle pour compléter la théorie de l'évolution durant la deuxième décennie du 20e siècle. On parle alors de néodarwinisme ou de la théorie synthétique de l'évolution qui est une synthèse moderne faisant appel à différentes disciplines. D'autres auteurs aller grandement contribuer à la connaissance de l'histoire de la vie (Dobzanski, Huxley, Mayr, Gould etc.)

CONCLUSION

L'histoire de la vie commencée il y a plusieurs milliards d'année continuera de s'écrire. Les tentatives de compréhension du monde ont été fortement marquées par les idées propres à chaque époque. En passant du fixisme au transformisme et à l'évolution on aura constaté que ces idées ont beaucoup évolué et soulèvent parfois des débats passionnés. Avec l'avènement de la biologie moléculaire et de tous les outils d'analyse puissant dont on dispose aujourd'hui, il sera possible de mieux comprendre notre univers, ainsi que les liens qui unissent les différents êtres vivants qui l'habitent.